JEUX ET SUGGESTIONS D'ÉCRITURE QUELQUES PISTES ET JEUX D'ÉCRITURE :
- 1) Écrivez une lettre à partir de la photo ci-dessous. Prenez appui sur un détail de la photo qui attire votre oeil, mettez ce détail au centre de votre lettre adressée à un compositeur. La première phrase de votre lettre sera : "Un jour, on ira à la mer."
- 2) Écrivez un poème court ou un fragment en prose en utilisant les mots suivants (ne dépassez pas dix vers ou dix lignes et rythmez par pieds) et insérez-le dans votre correspondance : Qui / Amoureux / Lieu / Cargo
- 3) Pour être publié en ligne, envoyez votre création à : veronique.sauger@radiofrance.com
Les poissons et les plantes vertes sur le pont
N'ont ni ouïes ni yeux, ni ramage
Et ils inventent la lumière, un horizon,
Pour les besoins de leur voyage.
C'est la fin de l'hiver. Sel aux lèvres,
Grandit la voix du large,
Dans l'espace elle s'élève,
Rend les désirs avides. – Un cri en marge.
On hisse l'aurore
Et les mouettes montent à bord.
Elles font diligence,
Déploient leurs ailes, avancent.
Cher aux solitudes funestes,
Loin des jours et des années,
Un poisson frappe le hublot fermé
À des souvenirs modestes.
Quel est donc celui qui lui fait signe ?
Avec sa face d'être digne,
Le poisson privé de voix
S'éloigne alors et choit
Au fond noir de la Terre.
Ne sachant comment on tombe,
Il allume ses paupières
Et une lumière orange éclabousse l'onde.
C'est son chemin, voyage sidéral,
Qu'il colore ainsi du fond des âges.
Puis il retourne sans ambages
À l'horizon de son espace idéal.
Au crépuscule installant sa pénombre dans la forêt,
Au pied des montagnes aux pics empourprés
D’un tapis de feuilles mortes çà et là emportées
Et de sentiers de mousse maintes fois empruntés
Une créature, sous le firmament, pieuse et immaculée
Les mains tendues vers les sombres cimes effilées
Toute de blanc habillée et voilée
Sereine, elle rêvait en admirant le bleu et noir étoilé
La tête auréolée et le visage illuminé par tant de piété
Savourant la divine communion avec satiété
Au milieu de dame nature, élégante, sublime et féerique
Ses traits d’enfant au clair de lune naissant si angélique.
Gracieuse et charmante, fière de ses racines du terroir
Telle une aquarelle colorée portant une mantille noire
Courant les chemins parsemés de pétales
L’être vestale, se confondait à la magnificence vernale.
Pétillante de bonheur, arborant son âge avec innocence
Nymphette au corps frêle et le sourire de l’enfance
Parlant d’une voix chaude, pénétrante et suave
Ses mots si doux prenaient une intonation grave
Invoquant Dieu avec la grâce de sa nubilité
Des paroles tendrement empreintes de sainteté
Enveloppées d’un timbre pur montant vers les cieux
O nature ! Prends garde de ton être si pieux.
Anouar JAOUA
Véronique Sauger le 07/02/2009
L'ARBRE À MENSONGES
Je me suis levée cette nuit, j'ai scruté l'horizon
Il y avait un arbre à mensonges
Il disait : il n'y a pas de neige, il n'y en a pas ici
Il n'y en a plus, il y en a eu hier
Peut-être reneigera-t-il aujourd'hui ?
(Clair et froid le soleil à son lever se laissa sourire
Car il neigeait et l'arbre s'était tordu, songeur)
Quand somnolent les étoiles sur le monde
L’empreinte de l’aube s’éveille, teint L’azur
D’un ton paisible et d’une belle allure
Les vanesses se mêlent et valsent à la ronde
L’aube chuchote et le soleil en cadences
Se remue, s’élance et réchauffe les cœurs
Eclosent les roses et épanouissent les fleurs
Et des mains s'enchaînent, s'unissent à la danse
Des applaudissements fusent des jardins, fiers
D’accueillir en ce beau matin de juin fleuri
L’âme, en proie à la douceur veloutée, atterrit
Sur les flots voilés de buées et de lumières
Le flot de mes paroles, s'envole ;
J'ai oublié d'écrire,
la lettre, le mot, la phrase, le texte, l'idée, le vers... j'espère ;
J'ai ce père d'encre, acre ;
accrochée à mes mots d'ancre
ancrés en moi: la fleur,
Fleurira la peine de soi,
Sois là si humble
Un bleu si seul
Seulement si muet.
...
Le flot de mes paroles, s'envole.
Mohammed El Qoch le 24/01/2009
LE JOUR SE LÈVE
Le jour se lève enfin sur la ville
Que de gestes vulgaires et vils
Que de décombres et d’amas de pierres
Que de tristes poupées jonchent la terre
Les pleurs fusent et la mélancolie use
Rêves anéantis, sans désirs, sans muses
Les regards perdus comme des ombres
Sillonnent les ruelles grises et sombres
Ni les oliviers épargnés ni les blanches colombes
Le petit enfant vacille, titube, recule et tombe
Comme une vieille femme la cité s’éveille
Après des jours et des nuits sans sommeil
L’histoire se rappellera la cruauté et le mépris
Des décisions des quelques hommes épris
De sang humain des innocents petits mômes
Qui renaîtront des cendres de leur somme
Le temps pansera les déchirements trop béants
Les joues creusées et les mentons saillants
Les colombes regagneront les frêles rameaux
Et les démunis rejoindront leurs pauvres hameaux
Encre de chair
Encre de chine
Encre de sang
Ancrés dans l'ocre ambiant
Flottent les mots mouchetés sur le papier
Dérivent les paroles insensées
Libres les guide vers d'autres contrées
Laurent J. le 15/01/2009
VOUS PRÉFÉREZ LES GARDER ?
Les mots poussent,
ils veulent sortir,
vous accouchez monsieur,
vous ne voulez pas y croire
mais c’est comme ça,
tous les signes de l’accouchement,
allez,
inspirez, respirez,
lâchez,
laissez venir,
ils vont être beaux, ils promettent,
accueillez-les, accompagnez-les,
vous dites que ça fait mal par moment, oui je sais monsieur,
c’est comme ça,
vous préférez les garder ?
A vous de voir,
ils vont grossir en vous,
puis pourrir et vous avec,
et vous ne pourrez plus respirer,
vous aurez l’air malin,
tout ça pour les avoir gardés pour vous,
vous n’osez pas ? Arrêtez un peu,
inspirez, respirez,
oh ils sont beaux à ce que je vois, ils promettent,
flots fous,
laissez-les sortir, laissez-les sortir,
pour dire,
dire les peurs bleues,
le sang d’encre,
les fleurs bleues les jours d’amour,
les pensées taupes les jours de désamour.
Et l’ancre dans tout ça ?
Je m’emballe, je m’emballe
mais je m’ancre où ?
La place, toujours la place,
c’est où la place ?
Elsa Aparisi le 12/01/2009
File
Là
Où
Tue
Flaire
Laideur
Erreur
Ultime
Ravageuse
Amende
Nous
Chaire
Rare
Echarpée
Emportée
Nue
Charpie
Rougeâtre
Enfant
Josette GUINGAMP le 03/01/2009
Le bateau est parti.
Il a levé l'ancre.
Qui... Le bateau, ou lui ?
Le chagrin et la mer sont d'encre...